Accueil ACTUALITÉS Pour une école de la République qui soit aussi une école du pays

Pour une école de la République qui soit aussi une école du pays

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Ce mardi 15 décembre, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a adopté une délibération relative au projet éducatif.

Ce texte, dont les bases ont été posées lors du grand débat sur l’avenir de l’école calédonienne initiée par le président du gouvernement Philippe Gomès en 2010, était attendu par la communauté éducative dans son ensemble depuis des années. En effet, pour la première fois de son histoire, la Nouvelle-Calédonie se donne les moyens de fonder un système éducatif construit sur la reconnaissance des valeurs de l’école républicaine et la prise en compte des spécificités calédoniennes.

Ce projet, véritable espoir pour notre école, a été bâti au terme de la concertation la plus large possible de tous les acteurs de l’éducation, dont il faut saluer l’implication et la mobilisation.

Ce projet, novateur, ambitieux et visionnaire, suscite les critiques de l’UCF et des observations des Républicains auxquelles il convient de répondre pour en souligner les imprécisions, les faiblesses et les méconnaissances.

1/ L’UCF dénonce dans le projet éducatif calédonien la remise en cause du caractère national des diplômes ! Où ont-ils été chercher cela ?
La loi organique et les conventions de transfert garantissent la reconnaissance par l’État des diplômes décernés en Nouvelle-Calédonie. C’est la garantie la plus fondamentale pour la qualité de notre système éducatif et la réussite de nos élèves. Aucun des acteurs de l’École ayant participé à l’élaboration du projet éducatif n’a évoqué son souhait de revenir sur le caractère national des diplômes et sur ce niveau d’exigence. Ce point n’est donc pas à l’ordre du jour et cette critique de l’UCF est nulle et non avenue !

2/ Les Républicains, pour leur part, font une analyse erronée sur l’enseignement des langues vernaculaires à l’école.

Il convient de rappeler que la place des langues vernaculaires dans l’enseignement est d’abord définie par l’accord de Nouméa qui, dans son article 1.3.3. prévoit que « les langues kanak sont, avec le français, des langues d’enseignement et de culture en Nouvelle-Calédonie. Leur place dans l’enseignement et les médias doit donc être accrue et faire l’objet d’une réflexion approfondie ».
À aucun moment, le projet éducatif calédonien ne prévoit que l’enseignement des langues Kanak soit rendu obligatoire. Ce qui est indiqué c’est qu’une offre est faite dans chaque établissement comme le prévoit la délibération sur les EPENC (établissements publics d’enseignement de la Nouvelle-Calédonie), votée le 28 septembre 2015 à l’unanimité au Congrès de la Nouvelle-Calédonie… À chaque famille de décider si elle se saisit ou pas de cette offre.

Dans leurs critiques, les Républicains indiquent que le projet éducatif distinguerait « au sein des enfants de la Nouvelle-Calédonie ceux qui seraient d’origine Kanak des autres ».
La mise en évidence dans le projet éducatif, des difficultés auxquelles est confrontée une large part de notre jeunesse, kanak en particulier, au sein du système éducatif actuel, n’a d’autre objet que de traduire le constat partagé d’une inégalité de réussite encore très présente.

Les Républicains notent également que le projet laisserait une trop grande place aux parents au sein de l’école. On ne peut pas rappeler que certains parents démissionneraient de leur rôle éducatif et laisseraient l’école faire le travail à leur place…..
Le projet éducatif calédonien précise le rôle et le niveau d’information des parents dans les établissements scolaires, de même qu’il officialise le rôle déjà connu des associations de parents d’élèves.

Les Républicains, qui connaissent le haut niveau de concertation engagée sur ce sujet, formulent 10 propositions visant à « améliorer » le texte. Elles ont vocation à être examinées en commission du congrès.

Calédonie Ensemble se félicite de l’intérêt manifesté par les Républicains et l’UCF à cette délibération majeure. Mais nous souhaitons que ce débat essentiel ne s’engage pas sur des bases erronées.

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