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Manuel Valls vole au secours de la SLN et du nickel calédonien

nickel

( 29 avril 2016 ) Un prêt de l’Etat de 24 milliards CFP ( 200 millions d’euros ) pour la SLN. C’est le cœur de l’annonce faite par le Premier Ministre Manuel Valls en Nouvelle-Calédonie. Ce plan de sauvetage industriel vise à surmonter la crise du prix du nickel mais aussi à éviter des licenciements.

Manuel Valls a rencontré les métallurgistes de la SLN. Un échange franc et direct qui a permis au Premier ministre de répondre aux interrogations et aux craintes des représentants de la classe ouvrière calédonienne. Des métallos qui luttent pour sauver leur entreprise et vont le faire « avec l’aide de l’État et de tous les Calédoniens » a indiqué Manuel Valls.

Un prêt de l’État pour surmonter la crise

Le schéma indiqué par le Premier ministre consiste à prêter 24 milliards CFP (200 millions d’euros) à la SLN via les Provinces calédoniennes représentées par la STCPI, la Société territoriale de participation industrielle. Si le prêt est accepté, les mesures seront ensuite votées par les administrateurs du groupe Eramet à Paris. Un expert des matières premières indique sous couvert d’anonymat : « la STCPI calédonienne est face à ses responsabilités, ou elle saisit la main tendue et le prêt que lui propose l’État ou la SLN se retrouve en dépôt de bilan ». « Que va donc faire André Dang, le Président de la STCPI ?» s’interroge un syndicaliste de la SLN « nous avons des craintes à ce sujet. »
Après le discours très volontariste de Manuel Valls appelant tous les Calédoniens à prendre leurs responsabilités pour sauver l’opérateur historique du nickel calédonien, la balle est dans le camp de l’inspirateur de la doctrine nickel des indépendantistes.

La SLN aura sa centrale à charbon de nouvelle génération

La centrale actuelle, dont l’obsolescence handicape la rentabilité du nickel, produit par la SLN, doit être remplacée à l’horizon 2020. Le Premier ministre indique en substance que « l’État apportera une garantie sur le financement bancaire du projet de centrale, pour en faciliter la réalisation ». Et Manuel Valls de préciser les raisons de ce soutien supplémentaire : « nos objectifs sont de préserver la SLN et de lui permettre de passer la crise mondiale actuelle ». Pour le chef du gouvernement, ce concours actif de la République vise à assurer les conditions de la compétitivité de l’entreprise. La SLN produit le meilleur ferronickel au monde destiné à la fabrication de l’acier inoxydable. Mais il reste à trouver près de100 milliards CFP (800 millions d’euros) de crédits pour la centrale électrique…

Confiance en Eramet, calédonisation douce du nickel

En réponse aux détracteurs de l’actuelle direction d’Eramet qui affronte l’une des plus violentes crises du cours des matières premières, le Premier ministre a souligné que « la SLN continuait de produire plus de nickel que tous les autres industriels en Nouvelle-Calédonie réunis ». Une petite phrase particulièrement appréciée par le management du groupe français et de sa filiale calédonienne. En revanche, Manuel Valls a indiqué qu’il souhaitait que « l’autonomie de gestion de la SLN soit renforcée » par rapport à Eramet. Douche écossaise ? Pas vraiment. De source proche du groupe français on indique ce vendredi qu’il faut aller dans le sens de l’Histoire avec « une meilleure intégration et responsabilisation de la Nouvelle-Calédonie dans la SLN ». Exactement ce qu’a déclaré le Premier ministre ce vendredi après-midi à Doniambo.
La visite de Manuel Valls restera sans doute gravée dans la mémoire collective des métallurgistes de la SLN. Il y a 27 ans, Michel Rocard avait lui aussi visité la plus ancienne usine du Pacifique-sud. Les métallurgistes de la SLN s’en souviennent encore.

Source : NC 1ère

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