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Ouverture des États généraux de la Mer

etats generaux de la mer

( 5 juillet 2016 ) Martine Lagneau : « j’ai pu ce matin ouvrir les États généraux de la Mer à l’auditorium de la province Sud en présence du député Philippe Gomès. »

États généraux de la Mer Les 5 et 6 juillet 2016 à l’Auditorium de la province Sud

Discours d’ouverture de la Première Vice-Présidente de la province Sud

Je suis très heureuse de pouvoir vous accueillir dans l’Auditorium de la province Sud pour ces premiers États généraux de la Mer organisés à l’initiative du Cluster Maritime de Nouvelle-Calédonie. Nous pouvons saluer la présence de deux invités de marque, Messieurs Serge SEGURA, nouvel ambassadeur des océans et Frédéric MONCANY, Président du Cluster maritime Français.
Permettez-moi ces quelques mots d’ouverture pour souligner que nous mesurons chaque jour davantage le fait que nos espaces maritimes sont de formidables atouts de développement, que leurs potentiels offrent des perspectives économiques nouvelles et qu’une stratégie d’actions et de concertations est désormais de plus en plus nécessaire.
La superposition des compétences maritimes entre l’État (police générale de l’action de l’État en mer), la Nouvelle-Calédonie (gestion des ressources de la Zone Économique Exclusive, ses ports, ses eaux territoriales), les Provinces (protection de l’environnement marin, gestion et conservation des ressources de la mer territoriale…) et les communes (police de la baignade) sont telles, que je partage l’idée de la recherche d’un espace de cohérences et de synergies.
Pour la province Sud qui bénéficie d’un très bel espace maritime de 3000 km2 sur lequel certaines zones sont classées au patrimoine mondial (depuis 2008), la zone du grand lagon sud et la zone côtière ouest, l’enjeu de la protection de ces hauts lieux de biodiversité et tout spécialement de notre barrière récifale est au cœur de nos préoccupations et actions. Nous concentrons ainsi l’essentiel de nos efforts sur la précaution et la protection environnementale, notamment au regard des divers impacts liés à l’exploitation du nickel depuis plus d’un siècle désormais. Nous nous sommes résolument inscrits dans une logique de développement durable et il nous appartient de gérer tous ces problèmes de conflits d’usage entre activités minières, touristiques, pêche, loisirs et les enjeux environnementaux et climatiques.
De la même façon, nous prenons conscience que nous pouvons sortir de l’économie du tout nickel en développant de plus en plus une économie marine ou bleue ciblant des activités spécifiques liées à la mer (le tourisme côtier, les croisières, l’aquaculture, la pêche, l’énergie marine, la navigation de plaisance, les activités nautiques, l’exploitation minière des fonds marins…).
Prenons l’exemple de l’industrie du tourisme calédonien qui enregistre ces deux dernières années des chiffres très encourageants de croissance, principalement dus à l’expansion de l’industrie de la croisière, et qui représente plus de 5500 emplois et 25 milliards de devises directement injectées dans notre économie.
Les ateliers du Tourisme qui se sont tenus depuis 6 mois ont l’ambition de dégager des axes stratégiques de développement.
L’industrie de la croisière est actuellement un secteur dynamique avec plus de 444000 croisiéristes accueillis et dont les résultats se sont multipliés par 5 en 10 ans. Certains armateurs annoncent d’ailleurs d’ici 2020 1 million de croisiéristes.
Aussi, des décisions stratégiques seront prises en ce domaine afin de valoriser les escales, aménager les quais et les ports, promouvoir un accueil traditionnel et authentique et gérer au mieux l’empreinte écologique de cette activité !
Quant au secteur de la pêche côtière en province Sud, retenons que c’est un secteur lié à la mer et qui représente aujourd’hui 427 tonnes de produits de la mer péchés, et 308 millions FCFP. C’est une activité prédominante sur la côte ouest avec 57% de la flotte concentrée notamment sur le grand lagon sud. Un accompagnement technique et financier de la filière est apporté par la province Sud, tant au niveau des aides à l’investissement, au carburant ou au RUAMM.
Par rapport à la taille de notre Zone Économique Exclusive, nous avons conscience que cette production reste relativement faible. Au niveau pays le poste de la pêche ne représente que 1,5% de l’ensemble de l’exportation de nos biens, les crevettes demeurant le principal produit exporté.
L’aquaculture reste une filière de développement pour le pays qui bénéficie du soutien des pouvoirs publics et fait l’objet d’une restructuration et diversification de sa filière au sein du Technopole.
C’est dans ce cadre que vont se développer les marchés de biotechnologies marines recherchées par les industries cosmétiques et plastiques. De nouvelles opportunités sont également offertes par le biais de nouvelles technologies énergétiques liées à la mer et issues de la houle, du vent, des courants (non encore utilisées ici) dont le développement serait très propice surtout pour l’approvisionnement de nos iles éloignées.
On notera également une pratique de la navigation de plaisance très développée chez nous. Plus de 25000 bateaux sont immatriculés aux affaires maritimes et la navigation en zone côtière y est très prisée. Cela a amené à la construction d’infrastructures portuaires dont des marinas, 6 étant situées sur Nouméa, et 6 hors Nouméa : à Boulari, Port Ouenghi en province sud et à Koumac, Hienghène et Touho en Province Nord et à Wé en province Iles.
A côté de la plaisance se développent également des activités nautiques récréatives telles que la voile, la plongée, le jetski ou kite-surf pour ne citer que le plus prisés. Selon une estimation du cluster marine reprise par ISEE les sports nautiques représenteraient 139 postes temps plein, 434 d’intervenants réguliers et feraient vivre 114 prestataires accompagnant près de 4300 licenciés recensés par le CTOS pour la voile, vaa et sports marins. Comment ne pas évoquer le transport maritime de passagers (hors croisière) pour le trafic inter-iles avec le Betico qui annuellement dans le cadre de ses rotations transporte près de 312000 passagers.
Nous ne pouvons omettre notre insularité qui débouche sur une place importante donnée au fret maritime, support fondamental de notre mode d’échanges, et au premier rang duquel figure le nickel (86 % des échanges). L’importante quantité de transbordements fait du port de Nouméa le 9ème port français en volume avec 5,1 millions de tonnes et le 1er port d’Outre-mer.
Les perspectives d’avenir se trouvent également dans la richesse du sous-sol marin calédonien qui présente des zones propices au développement, avec des campagnes d’explorations et de recherches de métaux rares ou encore d’hydrocarbures, d’hydrate de gaz situés au large de la ZEE calédonienne, sur son plateau continental.
L’économie de la mer est incontestablement un nouvel eldorado, un nouvel axe de développement dont nous devons tous avoir bien conscience, raison pour laquelle depuis quelques années je constate l’intérêt croissant des décideurs publics pour la mise en œuvre d’une démarche concertée s’élaborant et s’affichant peu à peu. L’inscription de notre lagon au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008 a participé grandement à cette prise de conscience collective et aujourd’hui le cadre de ces premiers états généraux de la mer pose les bases de l’intention d’aller vers une politique maritime commune et reconnue. Je souhaite donc à tous les partenaires ici présents de fructueux travaux qui nous permettront, je l’espère, de poser le socle d’une véritable stratégie maritime.
Merci à Toutes et Tous.

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