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Quand l’essentiel est en jeu, il faut s’unir et se rassembler

( 22 juillet 2016 ) Discours d’Alain Juppé

Merci à vous M. le Député, cher Philippe Gomès d’avoir pris cette initiative, vous m’en aviez effectivement parlé à Paris, j’ai accepté la règle du jeu et c’est donc avec grand plaisir que je répondrais à vos questions.
Je me réjouis aussi de voir beaucoup de personnalités présentes ici ce soir, Jean Lèques Maire honoraire de la Ville de Nouméa, je n’arriverai pas à faire aussi bien que vous Jean, je ne serai pas aussi longtemps Maire de Bordeaux que vous ne l’avez été de Nouméa. J’ai bien pris le chemin, je suis à une vingtaine d’années (rires). Je vais aussi saluer le Président du Gouvernement, enfin tous les Philippe qui sont là (rires), je ne vais pas les énumérer à nouveau. Je me réjouis aussi de la présence d’Isabelle Lafleur, de Gil Brial et de toutes les personnalités qui se sont rassemblées ce soir. Je suis accompagné par Dominique Perben qui m’a aidé à mieux comprendre la Nouvelle-Calédonie, vous êtes un peu compliqués (rires), on vous aime comme ça, et puis aussi Arnaud Danjean, député européen.
En arrivant ici sur le Territoire de Nouvelle-Calédonie, j’ai tenu à saluer deux hautes figures dont le courage politique et la vision à long terme ont permis à la Nouvelle-Calédonie se sortir de la violence, de retrouver le chemin de la paix civile et de la reconnaissance suprême entre les communautés qui fondent la Nouvelle-Calédonie. Je pense bien sûr à Jacques Lafleur sur la tombe duquel j’ai été déposé une gerbe en arrivant ici mais aussi à Jean-Marie Tjibaou que j’ai moins connu et dont le fils m’a accueilli au centre culturel situé devant cette baie magnifique. Je voudrais aussi avoir avec vous une pensée pour quelqu’un qui a beaucoup œuvré à cet apaisement de la Nouvelle-Calédonie et qui vient de nous quitter Michel Rocard, dont je ne partageais pas les idées, le socialiste vous le savez je ne suis pas, je suis gaulliste et lui ne l’était pas, mais dans le travail commun que nous avons fait pour tenter de relancer la machine économique française ou dans le livre que nous avons rédigé en commun, j’ai trouvé un homme de grande qualité et je voulais ce soir lui rendre cet hommage maintenant qu’il nous a quittés.
Un nouveau rendez-vous historique est devant vous et Philippe vient de l’évoquer à l’instant. Il a été fixé par l’accord de Nouméa il y a presque 20 ans maintenant, il nous attend pour quelques mois, dans deux ans, en 2018. Et ce rendez-vous, il ne faut naturellement pas le manquer. La consultation référendaire, c’est ce que j’ai cru comprendre dans tous les entretiens que j’ai eus depuis mon arrivée ici, devra permettre l’expression d’un choix clair. Permettez-moi sans préjuger de ce choix de vous dire quelle est ma conviction profonde.
Ma conviction c’est que l’intérêt de la Nouvelle-Calédonie et l’intérêt de la France c’est que la Nouvelle-Calédonie reste dans la France, demeure dans la France. C’est l’intérêt de la France parce que nos outremers, tout particulièrement la Nouvelle-Calédonie, sont une chance pour notre pays. Nos outremers nous donnent une présence au monde exceptionnelle qui fait la grandeur de notre pays, la grandeur de la France à laquelle le Général de Gaulle que vous avez évoqué tout à l’heure était tellement attaché. Ils nous donnent aussi une deuxième espace maritime la plus vaste du monde, la deuxième zone économique exclusive du monde, et vous savez tout comme moi que dans les décennies à venir la mer sera importante parce qu’elle recèle d’immenses richesses : les richesses énergétiques, les richesses minérales. Et puis les outremers c’est aussi, une diversité humaine, une richesse humaine et culturelle à laquelle pour ma part, je suis très attaché et qui fait aussi l’identité de la France. Voilà pourquoi la France a intérêt à ce que la Nouvelle-Calédonie demeure dans la France. Je crois que c’est aussi l’intérêt de la Nouvelle-Calédonie parce qu’on le voit bien et je m’en suis rendu compte depuis que je suis arrivé à quel point l’Etat est utile pour ne pas dire nécessaire. Il l’est pour organiser, accompagner un dialogue politique qui ne se déclenche pas toujours spontanément, c’est le cas de le dire. Il l’est aussi pour intervenir sur plan économique, on vient de le voir il y a peu de jours, avec son engagement parallèlement à celui d’Eramet, pour assurer la pérennité à court terme et je l’espère à plus long terme de la SLN. Vous allez donc décider dans ce référendum, dans cette consultation référendaire de 2018, et je comprends les inquiétudes que cela peut susciter chez les uns et les autres, il faut donc – j’en ai parlé beaucoup depuis mon arrivée avec tous les responsables politiques que j’ai rencontrés – les voies et les moyens nécessaires pour y répondre de sorte qu’au lendemain du référendum, quel que soit les résultats du référendum, personne n’ait le sentiment d’être exclu. Il n’est sans doute pas trop tôt pour y réfléchir et pour y travailler, pour réfléchir aux évolutions et aux garanties qui permettront d’assurer sur la longue durée la paix civile et l’harmonie. Voilà ce que je pense sur cette question, qui pour vous, est cruciale pour ne pas dire vitale. Alors je sais bien que comme dans tout débat démocratique, il y a ici des sensibilités diverses, des divergences sur la politique économique et sociale à mener, ce serait bien étonnant que ce que l’on constate partout en Métropole ne se retrouve pas ici. Mais quand l’essentiel est en jeu et en 2018, ce sera l’essentiel qui sera en jeu, c’est l’avenir même de ce territoire et de ses populations pour les générations à venir, je crois qu’une nécessité s’impose. Et cette nécessité, c’est celle de l’unité et du rassemblement. C’est pourquoi, je le dis ici, j’ai appelé au rassemblement de toutes les forces qui partagent cette vision de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie et je vous appelle à nouveau, dans cet esprit, au rassemblement ce soir. J’espère que cette rencontre sera un signal positif dans cette direction.

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