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Tartufferie politique calédonienne

( 8 août 2016 ) Dans un communiqué récent, l’UCF a affirmé que les réunions qui se tiennent avec les experts de l’État pour préparer la consultation de 2018 constituent « une démarche opaque et ambiguë » qui « tend vers un largage programmé de la souveraineté française en Nouvelle-Calédonie en vue de le faire valider avant le comité des signataires d’octobre prochain ». Et que la question « oui ou non à l’indépendance (…) serait remplacée par une question fermée (…), un accord pré-négocié en dehors de tout débat public, dans lequel les Calédoniens seraient contraints d’accepter un transfert de souveraineté ».

1. Ces affirmations constituent un véritable tissu de mensonges :

– Une démarche transparente.

Tous les documents (rapports et questions des experts et PV des réunions) sont accessibles sur le site internet du Haut-Commissariat (www.nouvelle-caledonie.gouv.fr). Calédonie Ensemble a même organisé trois rencontres citoyennes pour exposer le contenu de ces documents. De quelle opacité parle-t-on ? De celle volontairement entretenue par Blaise qui présente les observations des experts sur les compétences régaliennes comme des positions de Calédonie Ensemble ?

– Une démarche claire.

Il n’est question ni de vendre l’indépendance à ceux qui n’en veulent pas ni de vendre une Nouvelle-Calédonie dans la France à ceux qui n’en veulent pas non plus. L’objectif est simplement, conformément aux conclusions unanimes du dernier comité des Signataires, d’établir « nos convergences et nos divergences » au-delà de notre choix politique sur l’avenir du pays. On peut le faire sans renier ni ses convictions ni son histoire. De quelle ambiguïté parle-t-on ? De celle qui a présidé à la constitution de l’UCF (17 octobre 2013) qui voulait « que la peur change de camp »… ? Les indépendantistes en tremblent encore…

– Une démarche utile.

Discuter du « jour d’après » le référendum, et ce, quel que soit son résultat, lorsque l’on sait qu’aujourd’hui rien n’est prévu (sinon 2 référendums supplémentaires…), relève du plus élémentaire sens des responsabilités. À moins que certains considèrent que leurs petites ambitions politiciennes ont plus de valeur que le maintien de la paix dans notre pays. Et que le dialogue n’a vocation à être utile que lorsque des désordres sont au rendez-vous.

2. Ces affirmations constituent également une insulte à l’intelligence des Calédoniens :

2.1 Il est impossible que le référendum de 2018 soit remplacé par une question « fermée » qui oblige les Calédoniens à accepter « un transfert de souveraineté ». La question sera celle prévue par l’Accord de Nouméa qui a été constitutionnalisé : « La justice, l’ordre public, la défense, la monnaie (…) et les affaires étrangères (…) resteront la compétence de l’État jusqu’à la nouvelle organisation politique résultant de la consultation des populations. » (Point 3.3 Les compétences régaliennes – Accord de Nouméa). Sauf à consulter les Calédoniens par référendum sur une question différente de celle prévue par l’Accord de Nouméa ce qui impliquerait un consensus local entre indépendantistes et non indépendantistes, et à modifier la Constitution de la République, ce qui nécessiterait un vote à la majorité des 3/5è (Droite et Gauche) au Parlement. Rien que cela !
En conséquence, le référendum de 2018 sera donc obligatoirement une consultation d’accession à la pleine souveraineté et rien d’autre. Et Calédonie Ensemble y tient particulièrement comme nous avons eu l’occasion de le rappeler à maintes reprises (www.caledonie-ensemble.com/un-consensus-eclaire-pour-sortir-de-laccord-de-noumea/). C’est pour cette raison que Calédonie Ensemble s’est toujours opposé à un « troisième accord » que les indépendantistes ne veulent signer que s’il organise une « indépendance-association » (www.caledonie-ensemble.com/rendre-la-parole-au-peuple-caledonien-pour-un-choix-davenir-eclaire-et-apaise), aucun d’entre eux ne pouvant accepter de signer un accord maintenant la Nouvelle-Calédonie dans la France, comme le proposait benoitement l’UCF dans son programme lors des provinciales de 2014. En conséquence, parler de « question fermée », d’ « accord pré-rédigé » ou « pré-négocié » ou de « tentative pour éviter le référendum de 2018 », constitue une invention grotesque dénuée de fondements juridiques et politiques, à l’opposé de tout ce que Calédonie Ensemble a défendu depuis l’origine. A l’opposé également de ce que veulent les indépendantistes eux-mêmes : un référendum sur l’indépendance et pas autre chose !

2.2 Les experts, nommés par l’État – accusés d’ « enfumer » – sont de toutes sensibilités politiques. Pour nombre d’entre eux, ils ont fait leur preuve lors des précédents accords, qu’il s’agisse de Matignon ou de Nouméa, signés par les formations politiques non indépendantistes (RPCR) et votés par la Droite républicaine au Parlement. Quant à ceux qui n’y ont pas participé et qui sont considérés comme étant de sensibilité de Droite (Benoit Lombrière, ancien conseiller outre-mer de Nicolas Sarkozy (2009-2012) et Yves Dassonville, ancien Haut-Commissaire en Nouvelle-Calédonie), qui peut croire qu’ils préparent le « largage de la Nouvelle-Calédonie dans le dos des Calédoniens »… ? Tous, sont des hommes de conviction et d’expérience, connaissant la Nouvelle-Calédonie, ayant participé à son histoire à un moment donné ou à un autre, et ayant accepté de se mettre au service des Calédoniens à ce moment compliqué pour notre pays. Les voir accusés – en même temps – par Wamytan d’être « au service de l’État colonial » et par Blaise d’organiser « un largage de la souveraineté française en Nouvelle-Calédonie » ne manque pas de sel…

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Calédonie Ensemble constate que la démarche engagée pour la sortie de l’Accord de Nouméa fait aujourd’hui l’objet d’un feu nourri : l’UC ne veut s’engager sur rien, l’UCF se retire de discussions auxquelles ils ne participaient pas et les Républicains ont émis des réserves lors du dernier comité de pilotage. Les prochaines échéances électorales ne sont pas étrangères à ces évolutions…

Calédonie Ensemble n’a jamais pratiqué la politique de la chaise vide. Pas plus au Comité des Signataires sur les deux drapeaux (Juillet 2010) auquel il a participé et défendu son projet de drapeau commun, qu’aux discussions engagées sur l’avenir du pays menées par les précédents experts de l’État (Jean Courtial et Ferdinand Melin-Soucramanien) qui avaient établi les quatre possibilités d’évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie (statu quo, autonomie élargie, État associé, souveraineté pleine et entière). Si nous sommes élus, c’est pour représenter les Calédoniens et défendre le projet de société que nous portons : celui d’une Nouvelle-Calédonie émancipée et solidaire affirmant son identité singulière au sein de la République. Et pour nous, la meilleure manière de préparer l’avenir c’est de promouvoir notre projet, auprès de ceux qui ne le partagent pas. C’est la seule voie qui s’offre pour tenter de construire un destin commun pour tous les Calédoniens.

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