Accueil ACTUALITÉS Baisse des prix, hausse du pouvoir d’achat et relance économique : La Nouvelle-Calédonie à l’heure des choix

Baisse des prix, hausse du pouvoir d’achat et relance économique : La Nouvelle-Calédonie à l’heure des choix

( 17 août 2016 ) Depuis plusieurs semaines, la Nouvelle-Calédonie est la proie d’une agitation politicoéconomique liée à l’approche des élections législatives et au refus de certains d’honorer les engagements pris dans l’Agenda économique social et fiscal partagé.

L’UCF de Gaël YANNO dénonce les travaux sur la préparation du référendum qui dessineraient l’indépendance en cachette… Le Medef appelle à manifester contre la loi compétitivité en promettant la faillite économique du pays et la destruction massive d’emplois, si les marges abusives sont réduites… Les Républicains cautionnent l’action du Medef au prétexte de la liberté du commerce et de l’industrie… L’intersyndicale menace en réponse d’organiser une nouvelle grève générale…

Or, la Nouvelle-Calédonie a plus que jamais besoin de sérénité et d’unité face à des défis majeurs : relance de l’économie et de l’emploi, sauvetage du Ruamm, réduction des inégalités, réponses à la vie chère, préparation du référendum de 2018… Autant de thèmes sur lesquels nous devons nous retrouver, plutôt que de mener des combats d’arrière-garde, dangereux pour la cohésion du pays.

1/ Un modèle économique et social à réformer en profondeur

Après une décennie de croissance dopée par les investissements métallurgiques (1 500 milliards CFP), la commande publique et la consommation des ménages, il faut gérer la disparition de cette bulle de croissance et affronter une crise du nickel sans précédent qui fragilise nos entreprises industrielles et minières.

Cette bulle de croissance a masqué les profonds déséquilibres de notre pays :

• Déséquilibres de revenus, avec un écart entre les ménages les plus riches et les plus pauvres deux fois plus élevé qu’en métropole, ou encore 17% de Calédoniens vivant sous le seuil de pauvreté relatif (72 000 F.CFP par mois), soit 53 000 personnes, dont un tiers d’enfants de moins de 14 ans.

• Déséquilibres liés au coût de la vie, avec des prix globalement plus élevés de 34% qu’en métropole (étude CEROM), soit largement plus que dans les autres DOM, en particulier dans l’alimentaire (+89%) ou le logement (+39%).

• Déséquilibres de nos régimes sociaux, puisque « le supplément de dépenses sociales attendu sur la période 2013-2016 devrait avoisiner les 7 milliards de FCFP (à comparer aux 3 milliards de recettes supplémentaires attendues). Cet accroissement correspond à une progression moyenne de l’ordre de 8% par an. » (Olivier SUDRIE – Contribution au DOB social août 2013).

2/ L’action de Calédonie Ensemble à la tête des institutions

Face à ces enjeux, Calédonie Ensemble a opté pour une politique de réformes.

• L’assainissement des finances publiques
Avec une croissance en berne depuis 2011, le budget de la Nouvelle-Calédonie était déficitaire et insincère, puisque la collectivité dépensait plus qu’elle ne percevait. Le gouvernement a restauré les équilibres budgétaires, sans réduire la capacité d’investissement de la Nouvelle-Calédonie. Cette action a permis de réduire les dépenses du budget de 57 milliards en 2014 à 42 milliards en 2016.

• La sauvegarde des régimes sociaux
Calédonie Ensemble a instauré une contribution calédonienne de solidarité (CCS) afin de sauver les régimes sociaux. 50 000 Calédoniens ont pu ainsi continuer à bénéficier de l’allocation handicap (4 700 bénéficiaires), du minimum vieillesse (4 500 bénéficiaires), du minimum retraite (6000 bénéficiaires), de l’aide au logement (7 500 bénéficiaires) ou encore des allocations familiales de solidarité (14 000 enfants).

• La prorogation de la défiscalisation nationale et locale
Le gouvernement est intervenu auprès de l’État, par l’intermédiaire du député Gomès, pour proroger la défiscalisation nationale en faveur des secteurs productifs et du logement social, jusqu’en 2025 (au lieu de 2017). Il a également décidé de proroger la défiscalisation locale à l’investissement jusqu’en 2025, tout en soutenant l’activité du BTP par la défiscalisation du logement intermédiaire au profit des classes moyennes jusqu’au 31 décembre 2018 (ce qui a permis en 2015, la construction de 800 logements soit 20 milliards FCFP de travaux).

• Le soutien à l’activité économique par la commande publique
En dépit de leurs contraintes budgétaires, les collectivités ont maintenu leur budget d’investissement pour soutenir l’activité des entreprises (25 milliards/an pour la Nouvelle-Calédonie et la province Sud). Elles financent des projets importants, comme le Néobus (20 milliards) ou la rénovation urbaine de Saint-Quentin (30 milliards) et travaillent à la concrétisation de deux grands chantiers : la construction de la centrale C de la SLN (80 milliards d’investissements) et celle du barrage de la Ouinné (40 milliards).

• Le plan de soutien au nickel
À la suite du comité des signataires de février 2016, le gouvernement a adopté un programme prévisionnel d’urgence des exportations et activé le fonds nickel (2 milliards) qui permet la prise en charge partielle ou totale des cotisations sociales patronales et le financement de travaux destinés à maintenir l’activité des sous-traitants notamment sur la côte est.

• La structuration des filières économiques alternatives au nickel
En lien avec les opérateurs économiques concernés, le Gouvernement et la province Sud ont décidé d’accompagner la structuration des filières agricoles (politique publique agricole provinciale, etc.), touristiques (ateliers du tourisme, etc.) et du logement (Etats généraux de l’habitat) qui constituent des alternatives économiques au nickel. En matière énergétique, le schéma de transition énergétique a été adopté par le Congrès à l’unanimité.

3. L’amélioration du pouvoir d’achat des Calédoniens et la relance de l’économie par la consommation

Pour relancer la croissance et la création d’emplois, le Gouvernement se propose de mettre en œuvre 2 des mesures emblématiques de l’Agenda économique, social et fiscal partagé : l’allégement de l’impôt sur le revenu pour les classes moyennes (IRPP) et l’instauration de la taxe générale à la consommation (TGC).

La première réforme a vocation à « restituer » 1.5 milliard FCFP de pouvoir d’achat par an aux 53 000 ménages de la classe moyenne. La seconde vise à induire une diminution des prix, et donc une augmentation de la consommation, grâce à la suppression des taxes douanières à l’importation et à la diminution des charges de fonctionnement des entreprises calédoniennes.

Globalement, l’objectif est de doper la consommation locale et le développement des entreprises calédoniennes par la baisse des prix. Selon l’économiste Olivier Sudrie, « une baisse moyenne de 5% des prix se traduirait mécaniquement par une augmentation de la consommation de 33 milliards et une augmentation des dépenses publiques de 15 milliards, soit une croissance de 3,8% du PIB et une progression de 4% de l’emploi ».

Pour que ce dispositif fonctionne, il faut néanmoins garantir que les entreprises ne capteront pas la suppression des taxes douanières au travers de l’augmentation de leur marge. Etant donné la faiblesse de la concurrence dans certains secteurs d’activité prépondérants (grande distribution, automobile et matériaux de construction notamment), ce risque est avéré. Il a été mis en avant par plusieurs rapports d’experts : « Compte tenu des faiblesses de la concurrence en Nouvelle-Calédonie, le risque est grand de voir les entreprises profiter de la mise en place de la TVA pour augmenter leur marge » (Syndex) et « (…) le principal risque de l’introduction de la TVA (c’est) l’apparition de comportements opportunistes des intermédiaires ou vendeurs finaux pouvant conduire à une inflation traduisant une captation par ces derniers de la baisse des tarifs douaniers » (Lieb).

C’est tout le sens du projet de loi sur la compétitivité, qui rappelons-le, n’a pas vocation à s’appliquer aux TPE et PME (moins de 100 millions de chiffre d’affaires), ni aux entreprises ayant conclu un accord de compétitivité.

La relance économique ne dépend que de nous. C’est l’heure des choix.

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