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« La Calédonie pourra sélectionner le candidat au poste de vice-recteur… »

( 26 octobre 2016 ) Philippe Gomès : « Je suis très heureux que cette annonce ait été faite.
Calédonie Ensemble avait manifesté son opposition à la nomination du nouveau vice-recteur dans la mesure où un candidat du pays disposait des qualités et de l’expérience requise pour exercer ces fonctions ( Communiqué Calédonie Ensemble – 2 février 2016 – Vice Rectorat la nomination scélérate – https://caledonie-ensemble.com/vice-rectorat-la-nomination-…/ ). Quand c’est le cas il ne faut pas hésiter. S’émanciper au sein de la République c’est aussi calédoniser les administrations, y compris au plus haut niveau, à fortiori lorsque la compétence a été transférée à la Nouvelle-Calédonie, ce qui est le cas en matière d’enseignement depuis le 1 janvier 2012. »


« La Calédonie pourra sélectionner le candidat au poste de vice-recteur… »

Visite officielle. La ministre de l’Education, qui participe à partir d’aujourd’hui à un déplacement à travers le pays, évoque la situation de l’enseignement en Nouvelle-Calédonie.

Les Nouvelles calédoniennes : Vous arrivez en Nouvelle-Calédonie au lendemain de plusieurs mobilisations d’enseignants de collège et de lycée dénonçant l’augmentation des violences à leur encontre. Allez-vous rencontrer certains d’entre eux ?

La violence à l’école est un vrai sujet de préoccupation pour moi. Je rejoins en cela parfaitement les inquiétudes qui se sont fait jour récemment à la suite de plusieurs actes d’incivilité, voire de violences au sein des établissements scolaires. Mes pensées vont au personnel éducatif, investi dans la réussite des élèves et victime de ces actes déplorables, ainsi qu’à leurs proches. Des mesures ont d’ores et déjà été prises par l’État pour combattre et prévenir ces phénomènes. Une convention a ainsi été signée en 2016 entre la direction de la sécurité publique en Nouvelle-Calédonie et le vice-rectorat afin de renforcer les actions de sécurisation des abords des établissements scolaires. De même, une démarche de prévention a été mise en place par plusieurs établissements, qui ont instauré un partenariat avec le service d’addictologie de l’Agence sanitaire et sociale de la Nouvelle-Calédonie. L’État, le haut-commissaire comme le vice-recteur, est et restera particulièrement vigilant.

Le durcissement des sanctions à l’égard des auteurs de violences est une demande récurrente des enseignants. Quelle est votre position à ce sujet ?

Je condamne fermement toutes ces violences, qui sont inacceptables dans les établissements scolaires comme en dehors. J’invite les personnels qui en sont victimes à porter plainte. Il ne faut pas hésiter à le faire car il est important que les auteurs de ces actes soient sanctionnés. Le vice-rectorat est à leurs côtés pour les accompagner.

Les enseignants dénoncent également la volonté du vice-rectorat de cacher les faits, ou de ne pas les faire remonter. Allez-vous vous en entretenir avec le vice-recteur ?

Je le redis : la question des violences à l’école est un sujet sur lequel l’État et, en particulier, le vice-rectorat sont fortement mobilisés. Le maintien d’un climat scolaire serein et apaisé est un préalable indispensable à la transmission des savoirs et à l’épanouissement des élèves et de l’ensemble de la communauté éducative. Je sais que les enseignants ont été reçus par les institutions et ont pu exprimer leur ressenti. Je sais aussi que toutes les institutions impliquées, le vice-rectorat bien sûr, mais aussi le gouvernement, le Congrès, les provinces et l’ensemble des services de l’État concernés travaillent de concert pour apporter les réponses nécessaires à cette problématique.

Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a nommé Jean-Charles Ringard-Flament, le vice-recteur, au poste de directeur général des enseignements. Une double fonction pour un même emploi. Comptez-vous régulariser, à terme cette situation ?

Lors du transfert de l’enseignement secondaire, l’État et la Nouvelle-Calédonie avaient décidé d’exercer à partir de janvier 2012 leurs compétences respectives en matière d’enseignement au sein d’un service unique, le vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie. C’était à l’époque et c’est encore, je crois, le gage d’une mise en œuvre harmonisée et complémentaire des prérogatives de l’État et du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Ce service est donc aujourd’hui dirigé par un vice-recteur, nommé par décret du président de la République après avis du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Le vice-recteur est également nommé directeur général des enseignements par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Quatre années après la mise en œuvre du transfert de compétences, je crois qu’il convient de franchir une nouvelle étape. Nous avons convenu avec le gouvernement de signer demain un protocole d’accord qui permettra à l’État d’accompagner la Nouvelle-Calédonie dans la mise en œuvre du projet éducatif local, dont la charte d’application a été votée par les élus du Congrès le 19 octobre dernier. De même, comme le comité des signataires en avait suggéré l’idée, nous allons faire en sorte que la Nouvelle-Calédonie puisse participer, dans les mêmes conditions que l’État, à la procédure de sélection du candidat pour le poste de vice-recteur et directeur général des enseignements. C’est un progrès qui était, je crois, attendu en Nouvelle-Calédonie et dont nous avons convenu avec le président du gouvernement.

De nombreux collectifs, notamment kanak, réclament un vice-recteur calédonien. Comprenez-vous cette revendication ?

La réforme que je viens d’évoquer est un signe fort de la reconnaissance par l’État de la compétence de la Nouvelle-Calédonie en matière d’éducation. Je suis sûre qu’elle permettra de faire émerger le meilleur choix pour l’avenir du système éducatif calédonien.

La Nouvelle-Calédonie fait face à une recrudescence de faits de délinquance commis par des mineurs, souvent des collégiens déscolarisés. Quelles pistes pourriez-vous préconiser pour sortir de cette spirale ?

La délinquance des mineurs est souvent le signe de difficultés scolaires ou familiales, voire les deux, que l’on retrouve à l’origine du décrochage. La Nouvelle-Calédonie, l’État et les trois provinces mettent tout en œuvre pour lutter contre la déscolarisation. Au fond, c’est bien la mission de l’école que d’accompagner tous les enfants vers la réussite sans en laisser au bord du chemin. Des éducateurs ont été placés auprès de certains établissements secondaires pour faire le lien avec les parents des élèves décrocheurs. Il faut aussi rappeler la responsabilité des familles qui doivent pouvoir trouver au sein des établissements des professionnels pour les conseiller et les soutenir.

L’introduction d’un parcours civique scolaire serait-elle une solution ?

Faire de nos enfants des citoyens, en leur reconnaissant des droits comme des devoirs, est une ambition fondamentale de l’école. Le parcours civique scolaire inscrit dans le projet éducatif local prévoit, dès la maternelle, d’initier les jeunes Calédoniens au débat démocratique et à l’engagement pour le bien commun. La démarche est la même que celle engagée avec le « parcours citoyen » que connaissent les élèves de Métropole, qui comprend notamment l’enseignement moral et civique et l’éducation aux médias et à l’information. Car c’est bien en aidant nos jeunes à devenir des citoyens responsables et épanouis que l’école a un rôle à jouer dans la prévention de la délinquance.

La correction locale du baccalauréat fait partie de la charte de mise en œuvre du projet éducatif calédonien. Mais c’est un point de controverse : certains redoutent un bac au rabais. Que répondez-vous ?

Je ne partage pas cette crainte car des précautions sont évidemment prises. Je rappelle que dans tous les cas, la délivrance des diplômes nationaux est une compétence exercée au nom de l’État. Nous veillerons donc à ce que l’impartialité et la confidentialité soient assurées. Pour cela, un vaste travail de préparation de cette réforme a été engagé par le vice-rectorat qui a réuni, dans le cadre de la préparation du projet éducatif local, un groupe de travail où étaient représentés les organisations syndicales et les représentants des parents d’élèves.

La mise en place du projet éducatif calédonien sera-t-elle accompagnée d’une augmentation des effectifs, c’est une revendication récurrente de l’intersyndicale des enseignants ?

Oui, dans le cadre du protocole d’accompagnement que nous signerons pour la période 2017-2019, l’État apportera des aides non seulement sous la forme de la création de 75 emplois nouveaux, mais aussi via une augmentation de crédits particulièrement dédiés à la formation continue des personnels enseignants, et par le maintien de 7 900 heures d’accompagnement éducatif.

Des ressources techniques en ingénierie d’éducation et de formation – notamment pour la mise en œuvre de l’Observatoire de la réussite éducative et de la rédaction du code de l’éducation- seront allouées.

Ces mesures viendront compléter la dotation globale de compensation, qui représente pour l’enseignement un montant de 5,156 milliards de francs en 2016, et la Mise à disposition globale et gratuite, la MADGG, elle aussi prise en charge par l’État, dont les crédits budgétés atteignent 44,6 milliards de francs en 2016. L’État a, par ailleurs, engagé pour près de 7,421 milliards de francs au titre des contrats de développement 2011-2016, dans leur composante éducation-formation et recherche-développement. Cet effort sera maintenu et renforcé pour la prochaine génération de contrats de développement.

Source : LNC

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