Accueil ACTUALITÉS Croisières aux Chesterfield : La protection des derniers récifs vierges de la planète doit être absolue

Croisières aux Chesterfield : La protection des derniers récifs vierges de la planète doit être absolue

(6 février 2019) Un tiers des récifs vierges de la planète se situe au sein du Parc naturel de la mer de corail.
Avec 1,3 million de km², le Parc naturel de la mer de corail est le 4ème plus grand espace marin « protégé » de la planète. Toutefois, à sa création, cette protection était largement fictive puisqu’aucune règlementation n’avait été définie. Cette lacune était préoccupante puisque les récifs isolés de ce Parc « constituent un patrimoine unique au monde, parmi les derniers exemples les plus proches de ce à quoi un récif corallien vierge de tout impact humain devrait ressembler ».

Notre responsabilité à l’égard des générations futures est immense puisque le Parc naturel de la mer de corail héberge, à lui seul, le tiers des derniers récifs vierges (récifs pristines) de la planète, lesquels ont perdu, en seulement 6 générations, 98,5% de leur surface originelle.

C’est pourquoi le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a, le 14 août 2018, adopté 3 arrêtés dotant les récifs et lagons du Parc des deux statuts les plus exigeants définis par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) : 7 000 km² ont été classés « réserve intégrale », ce qui en fait très probablement la plus grande réserve de ce type au monde, et 21 000 km² ont été classés « réserve naturelle ». Cette décision capitale a été internationalement saluée, les responsables de WWF International allant jusqu’à appeler les différentes autorités de la planète à « s’inspirer du leadership du gouvernement » de la Nouvelle-Calédonie.

Des récifs vierges qui doivent être totalement protégés.

Les récifs de Pétrie et de l’Astrolabe, les atolls océaniques de Chesterfield et Bellona, ainsi que les récifs et atolls d’Entrecasteaux, inscrits en 2008 au patrimoine mondial de l’humanité, sont désormais totalement interdits d’accès (réserves intégrales) ou soumis à des règles particulièrement strictes (réserves naturelles). En particulier, l’accès aux réserves naturelles nécessite une autorisation préalable, laquelle ne peut être accordée, si l’absence d’impact est garantie, que dans le cadre de recherches scientifiques ou, à titre exceptionnel, pour des navires de tourisme de moins de 200 passagers.

A l’origine de toutes les décisions importantes prises en matière de protection de l’environnement en Nouvelle-Calédonie (inscription au patrimoine mondial, adoption du code de l’environnement, interdiction du plastique à usage unique, adoption de la loi sur la qualité de l’air, gel des gisements de Prony-Pernod, schéma pour la transition énergétique, classement de la Côte oubliée, etc.) Calédonie Ensemble considère que les demandes d’autorisation d’accès aux réserves naturelles du Parc de la mer de corail déposées auprès du gouvernement pour des paquebots de croisière doivent être refusées et notamment la demande déposée par la compagnie du Ponant pour une croisière prévue aux Chesterfield au mois d’avril prochain.

Au-delà de l’instruction du dossier du Ponant nous pensons nécessaire, eu égard à l’importance et à la sensibilité du sujet, que le Congrès de la Nouvelle-Calédonie soit saisi afin de trancher cette question dans son principe. C’est dans cette perspective que nous avons déposé ce jour un vœu sur le bureau de l’institution visant à ce que tout accès aux réserves naturelles du Parc naturel de la mer de corail soit interdit, exception faite des missions scientifiques.

La Nouvelle-Calédonie est suffisamment riche en merveilles coralliennes sans qu’il soit nécessaire de prendre le risque de dégrader les derniers récifs vierges de la planète.

Philippe DUNOYER
Porte-parole de Calédonie Ensemble

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