Accueil ACTUALITÉS Face au MEDEF et à leurs nervis politiques et syndicaux, Calédonie Ensemble maintient son cap : Augmenter le pouvoir d’achat des bas salaires du pays

Face au MEDEF et à leurs nervis politiques et syndicaux, Calédonie Ensemble maintient son cap : Augmenter le pouvoir d’achat des bas salaires du pays

(20 mars 2019) Jean Pierre KABAR (COGETRA), président de la CAFAT, a tenu à commenter la proposition formulée par Philippe DUNOYER au nom de Calédonie Ensemble, consistant à redonner du pouvoir d’achat aux Calédoniens en exonérant partiellement, de manière dégressive, les cotisations salariales les salaires compris entre 1 et 1,5 SMG.

Jean Pierre KABAR a reçu un soutien de poids avec le MEDEF qui a repris les mêmes arguments dans son communiqué du 20 mars.

Sur le fait que notre proposition de revalorisation des bas salaires constituerait une menace sur l’équilibre financier de l’ensemble des régimes sociaux.

Il faut préciser que contrairement à ce que laisse –volontairement ? – entendre Monsieur KABAR, notre proposition d’exonération de charges salariales ne concerne que trois régimes sur les cinq gérés par la CAFAT : en effet, les salariés ne cotisent pas au régime des prestations familiales et accidents du travail.

Sur les trois régimes concernés (RUAMM, Retraite, Chômage) l’impact de la proposition est limité comme suit:

– Pour le régime chômage, la mesure représente 92 MFCP, soit 2,3% des recettes du régime,

– Pour le régime retraite, la mesure représente 1,1 milliard FCP, soit 2,8% des recettes du régime,

– Pour le RUAMM, la mesure représente 1,1 milliard FCP, soit 1,3% des recettes du régime.

Sur le fait que l’équilibre ne pourrait résulter que d’une intensification du contrôle des arrêts maladie.

Nous encourageons Monsieur KABAR à se renseigner avant de s’exprimer: il aurait en effet dû commencer par lire le communiqué de Calédonie Ensemble du 15 mars 2019, dans lequel nous annoncions : Notre pacte pour l’amélioration du pouvoir d’achat des salariés et la compétitivité sociale des entreprises « sera assorti de l’ouverture de négociations avec les partenaires sociaux visant à améliorer la compétitivité sociale des entreprises, notamment au travers de la lutte contre l’absentéisme médical abusif et l’absentéisme injustifié ». La lutte contre le travail illégal fait également partie des nombreuses pistes à envisager.

Nous avons également précisé que « cet accord devra également aborder la question de l’organisation du temps de travail. Ces dispositions devront permettre de compenser la perte de recettes liée à la réduction des cotisations sociales salariales pour les régimes CAFAT » en améliorant la productivité des entreprises, la création de valeur ajoutée et la création d’emplois (c’est-à-dire de nouvelles cotisations).

Il n’y a pas si longtemps, Monsieur KABAR considérait pourtant que ce chantier était nécessaire. En effet, en 2014, les partenaires sociaux -dont Monsieur KABAR, alors membre de l’Intersyndicale, faisait partie-, en signant l’agenda économique, fiscal et social partagé, s’étaient prononcés POUR un pacte de compétitivité et de productivité du travail : « la recherche de performance sera déclinée dans l’entreprise par la signature d’un pacte de compétitivité et de productivité du travail », une proposition d’action visant même à favoriser la compétitivité par « la réduction des charges sociales qui pèsent sur le travail ».

Sur le fait que la mesure ne serait pas financée

Il faut rappeler que depuis le 7 février 2019, le gouvernement et les élus du congrès ont voulu inscrire dans la loi l’obligation de compensation au franc le franc de tous dispositifs existants ou à venir d’exonération de cotisations. Un principe qui était déjà mis en œuvre, en pratique, par l’Agence Sanitaire et Sociale (ASS-NC) pour le compte de la Nouvelle-Calédonie.

Le président de la CAFAT connaissant nécessairement cette loi, on ne peut que s’étonner de son « inquiétude »… à moins qu’elle ne soit guidée, pour lui et les deux membres du MEDEF composant le bureau de la CAFAT, par d’autres considérations…

Lorsque Sonia BACKES a fait, le 10 mars dernier, sa proposition de « rajouter une partie sociale à la TGC et que cette partie soit redistribuée en baisse de charges sociales, et que cette baisse de charges sociales se retrouve dans les salaires des Calédoniens », Jean-Pierre KABAR n’a bizarrement fait aucun commentaire…

Alors, oui, on s’interroge… : Quelle est donc la logique qui anime le « soldat KABAR » ?

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