Accueil ACTUALITÉS Convergence des tarifs bancaires entre la Nouvelle Calédonie et la Métropole : A un an de l’échéance, deux tarifs font de la résistance

Convergence des tarifs bancaires entre la Nouvelle Calédonie et la Métropole : A un an de l’échéance, deux tarifs font de la résistance

(1er avril 2019) L’entrée en vigueur ce premier avril 2019, de l’accord de modération du 22 aout 2018 est l’occasion de constater qu’à un an de l’échéance, la convergence des tarifs bancaires entre la Nouvelle Calédonie et la métropole est une réalité pour 12 des tarifs de « l’extrait standard ». Mais outre la convergence progressive des frais d’intervention, deux tarifs font encore de la résistance.

En effet, j’avais fait intégrer à l’article 68 de loi sur l’égalité réelle outre-­‐mer (EROM) promulguée le 28 février 2017, des dispositions prévoyant, « dans un délai qui ne peut excéder trois ans à compter de la publication de la loi […], de rapprocher progressivement les prix des services bancaires […] de ceux constatés dans l’hexagone ».

Ainsi, les frais de tenue de compte en Nouvelle Calédonie ont baissé de 40% par rapport à 2014, et sont facturés en moyenne 2 134 F CFP, soit un montant légèrement inférieur à la moyenne en métropole. La convergence est également une réalité pour les cartes à autorisation systématique, qui ont baissé de 20% depuis 2014 (à 3623 F CFP contre 30 euros).

En revanche, à l’heure où les Calédoniens se sont appropriés les outils numériques dans la vie de tous les jours, l’entrée en vigueur de l’engagement de diminuer de 30% les frais de gestion de compte sur Internet et les autorisations de prélèvements automatiques ne suffira pas à atteindre la convergence réelle des tarifs.

Malgré une baisse conséquente de 80% des tarifs depuis 2014, avec un tarif moyen à 184 F CFP/mois les établissements bancaires calédoniens facturent l’accès aux comptes en ligne encore 6 fois plus cher qu’en métropole…d’autant que ce service est gratuit dans 97% des établissements bancaires de métropole ! L’entrée en vigueur de la baisse de 30% du tarif, le ramenant à 129 F CFP ne suffit donc pas aujourd’hui à atteindre la convergence tarifaire.

Quant aux frais pour la mise en place des autorisations de prélèvement, ils ont beau avoir diminué de 40% en 4 ans, ils restent aujourd’hui encore 10 fois plus élevés qu’en métropole, où 92% des établissements bancaires dispensent ce service gratuitement. L’entrée en vigueur de la baisse de 30% ce 1er avril ne suffira pas donc non plus à mettre fin à la discrimination tarifaire.

Pour respecter la loi EROM, les établissements de crédit de Nouvelle Calédonie doivent donc aller au delà de l’accord de modération, et faire un ultime effort de modération, outre les frais d’intervention, sur les tarifs de gestion des comptes en ligne et de prélèvements automatiques, pour atteindre la convergence en 2020.

Philippe Gomès, député de Nouvelle Calédonie

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