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« Créer l’échange, pas la confrontation »

(15 avril 2019) Eugène Ukeiwé, soutien de Calédonie ensemble Photo h.P Eugène Ukeiwé originaire de Lifou, siège depuis 2014 à la province Sud sous l’étiquette Rassemblement-LR.

Vous avez annoncé vendredi que vous rejoigniez les rangs de Calédonie Ensemble aux provinciales. Pourquoi ?

Parce que je pense que c’est le mouvement dans lequel je peux continuer le combat qu’a mené mon père*. Celui d’une Calédonie dans la France, avec un sens de respect, de partage, de la solidarité. Et un projet qui mêle les valeurs de la République aux valeurs chrétiennes et océaniennes, qui tient compte de tous nos héritages. Vous avez été élu en 2014 sur la liste du MPC tirée par Sonia Backès et vous étiez suppléant de

Bernard Deladrière aux législatives. Pourquoi ne pas avoir mené ce combat sur la liste l’Avenir en confiance ?

Je n’ai pas été invité sur cette liste, et ça fait plusieurs mois que je me sens écarté, du Rassemblement et de l’Avenir en confiance. En fait, je ne me retrouve plus dans leur ligne politique. Il y a de plus en plus d’indifférence vis-à-vis de nous, les Kanak. Et le discours devient très dur à l’égard des Kanak et du vivre ensemble. Ce que j’ai dit vendredi soir, c’est que si on met en place des politiques injustes, qui visent des catégories de population, c’est tout le pays qui va en supporter les conséquences.

Vous ne trouvez pas que certains indépendantistes défendent aussi une ligne « dure » ?

Si, il y a des positionnements très tranchés des deux côtés. C’est pour ça qu’il faut un parti modéré, qui accueille des sensibilités différentes, où on essaie de s’asseoir, de discuter. Aujourd’hui, c’est Calédonie ensemble qui est plus dans l’esprit de Lafleur et Tjibaou. Ils avaient chacun un projet qui ne pouvait pas rencontrer l’autre mais ils ont fait des concessions pour que les Calédoniens puissent vivre en paix. Certains remettent en cause cette histoire en alimentant les positions communautaristes. C’est très dangereux pour le pays.

Le meeting de Calédonie ensemble, vendredi, était tout de même dédié à la « communauté Kanak »… Pourquoi cette segmentation ?

L’objectif, c’était d’ouvrir un espace de dialogue, de montrer que tout le monde a sa place dans ce mouvement, mais c’était une réunion ouverte où se sont croisés des Calédoniens de toutes origines. Et on a parlé d’économie, de social, ou de politique de la même façon que dans les autres meetings.

Contrairement à ce qui avait été prédit côté loyaliste, le référendum a montré que le vote kanak reste essentiellement acquis à l’indépendance.

Vous pensez que Calédonie ensemble peut convaincre des électeurs du « Oui » ?

En tout cas il faut créer l’échange, pas la confrontation. Je crois qu’il est possible de convaincre, surtout dans les îles, dont une bonne partie de la population vit en province Sud, et est consciente que sans la France, on va vers l’inconnu.

Quelles thématiques voulez-vous développer dans cette campagne ?

Il y a des populations modestes qui sont très sensibles aux questions d’habitat, d’emploi, de santé… Les questions sociales sont importantes. Et il faut rappeler que les aides dont on peut bénéficier dépendent beaucoup de l’accompagnement de la France.

Calédonie ensemble aiche sa volonté « d’éviter » un deuxième et un troisième référendum. Est-ce vraiment possible ?

Oui et je partage cette ligne-là. On connaît le résultat des futurs référendums : le Non va l’emporter. Mais on va continuer à créer des confrontations qui laisseront des séquelles, pour, à la sortie, retomber à la case départ : se mettre autour de la table et discuter de l’avenir. La position des indépendantistes, de dire « on va au référendum » est compréhensible. Mais on espère, à l’issue de ces provinciales, que tout le monde fera le pari de l’intelligence, comme l’ont fait nos aïeux.

Source : lnc

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