Accueil ACTUALITÉS Il y a 31 ans, le drame d’OUVEA nous rappelait que « le bon droit » ne fait pas –à lui seul- la Paix

Il y a 31 ans, le drame d’OUVEA nous rappelait que « le bon droit » ne fait pas –à lui seul- la Paix

Philippe GOMES : “Alors que dans quelques semaines nous devront ensemble imaginer « l’après Accord de NOUMEA », rappelons-nous qu’un mois seulement avant la signature de l’accord de Matignon, en 1988, il y a eu OUVEA et ses 25 morts, dont 4 gendarmes, 2 militaires et 19 preneurs d’otages. Ce fût le point culminant d’une succession d’événements qui marquèrent durablement le pays.

Depuis de nombreuses années, convaincu de la nécessité de réconcilier les mémoires déchirées et heurtées du pays pour en faire une mémoire commune, je participe aux commémorations à la mémoire de tous ces morts. Chaque 22 avril, à LA FOA, une cérémonie d’hommage est également organisée.

En mai 2013, à OUVEA, je rappelais qu’« une part de l’histoire du pays s’est écrite là, à OUVEA. J’évoquais la nécessité du devoir de mémoire, vis-à-vis de tous nos morts réunis : ceux des Evènements, comme Yves TUAL, ceux de la révolte de 1878 comme ceux de la révolte de 1917, mais aussi Jean Marie TJIBAOU et Yéwéné YEWENE. « Ces mémoires de nos morts ont été longtemps des mémoires séparées, heurtées. C’est la responsabilité de notre génération de tisser aujourd’hui les fils entre ses mémoires déchirées, pour en faire une : une mémoire commune, la mémoire du pays. Une mémoire assumée, partagée, sur laquelle nous sommes susceptibles ensemble de construire le destin commun auquel nous sommes appelés. Une mémoire qui saura nous rendre plus forts, pour constituer ce peuple en devenir qu’est le peuple calédonien ».

En 2014, lors d’une cérémonie d’hommage à la gendarmerie de FAYAHOUE, je rappelais qu’à OUVEA, « les larmes ont roulé sur des joues de différentes couleurs : celles des familles des gendarmes et militaires, mais aussi celles des familles d’IAII ». Je rappelais que ces larmes ont coulé « avec un goût d’absurde ». « Comment en est-on arrivé là ? (…) Parce que chacun était rempli de son bon droit : la République, considérant que la Nouvelle-Calédonie, c’est, comme la Lozère, la France (…), et le peuple Kanak, se considérant, lui aussi, fort de son bon droit de choisir son destin. »
J’ajoutais : « Peut-être que la force ultime du peuple calédonien et de la France est d’avoir su, de cet enfer, de cette ultime violence, de cet abyme, faire naitre la paix ».

Ces interventions sont aujourd’hui plus que jamais d’actualité.
Des mots qui portent nos valeurs et la volonté, pour Calédonie Ensemble, de poursuivre la construction de notre pays, ensemble, dans la paix aux couleurs de la France.

HOMMAGE RENDU À FAYAOUÉ AVEC PHILIPPE GOMÈS

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