Accueil ACTUALITÉS « L’assemblée de la province des Loyauté a besoin de retrouver une opposition »

« L’assemblée de la province des Loyauté a besoin de retrouver une opposition »

(26 avril 2019) Jean-Eric Naxué, tête de la liste Nouvelle vision des îles (Calédonie ensemble)

Les Nouvelles calédoniennes : Pourquoi n’avez-vous pas réussi à vous entendre avec les autres formations non-indépendantistes pour faire liste commune à l’élection provinciale ?
J’ai toujours prôné l’union. C’était bien parti sur Lifou. D’ailleurs, j’ai sur ma liste des gens qui sont proches du Rassemblement, du MPC de Gil Brial et du RPC d’Isabelle Lafleur. D’une certaine façon, c’est quand même une liste unitaire mais il n’y a pas Simon Loueckhote. Il fait sa propre liste et c’est un gros handicap pour tout le monde. Quand on voit les résultats du référendum ou du deuxième tour des dernières législatives, on se rend compte qu’il y a un important réservoir de voix non-indépendantistes aux îles Loyauté. Plus de 2 300 personnes ont voté non à l’indépendance lors du référendum et plus encore lors des législatives de 2017. Avec une liste unique, nous étions sûrs d’avoir plusieurs élus. Nous espérons quand même y arriver : j’habite ici, aux îles, je connais bien les problèmes et j’ai été mis en place par les sections de base des Loyauté.

Dominique Molé quitte la province Sud pour tenter sa chance avec vous en troisième position, savez-vous ce qui a motivé son choix ?
C’est un choix personnel. Il avait une mission à la province Sud, il l’a remplie. Mais sa femme habite toujours ici, à Lifou, et, au vu des résultats du référendum, il s’est dit qu’il serait un bon atout pour nous aux Loyauté.

Il n’y a plus d’élu non-indépendantiste aux Loyauté depuis dix ans, comment comptezvous réunir assez de voix pour renverser cette situation ?
Le fait est que Simon Loueckhote nous a fait perdre des années. Il m’avait dit en 2014 qu’il se présentait pour la dernière fois, et voilà. C’est d’autant plus regrettable que cette élection est cruciale pour l’avenir du pays, nous approchons de la fin de l’accord de Nouméa. Il faut que le camp non-indépendantiste en prenne bien conscience.

Le grand problème des Loyauté, c’est l’exode des populations vers la Grande Terre. Quels sont vos projets pour les retenir ?
Nous devons vraiment relancer l’agriculture et la pêche. Il faut sortir de la culture vivrière pour la petite famille et pour la coutume. Il faut développer une agriculture plus organisée, déjà pouvoir nourrir les 6 800 enfants scolarisés aux îles, et pourquoi pas, devenir excédentaire et exporter. Il y a aussi le développement du santal, de la vanille. Nous avons beaucoup de trésors qu’il faut mettre en valeur. Pour ça, la province doit fournir des aides au départ. Des aides financières et des aides en matériel.

Quel score espérez-vous et quel rôle comptez-vous jouer au sein de l’assemblée de province ?
Je suis déjà au conseil municipal de Lifou, ce qui veut dire que je travaille tous les jours avec mes frères indépendantistes et nous échangeons sur beaucoup de sujets. Plusieurs d’entre eux me disent, dont Neko Hnepeune, qu’il manque une opposition à l’assemblée de province.
Tout simplement pour apporter une contradiction et alimenter le débat, ou prendre une décision difficile qu’il leur serait plus aisé de voter si elle avait le soutien d’une opposition. Donc, non seulement, j’ai le soutien des non-indépendantistes, mais plusieurs de mes frères indépendantistes voient aussi ma liste d’un bon oeil.

Source : LNC

À voir aussi :

La collégialité piétinée par la Coalition Avenir en confiance/Eveil océanien/Union calédonienne

(4 août 2019) La collégialité, que Thierry SANTA s’est pourtant engagé à faire respecter e…