Accueil ACTUALITÉS « Quelques individus ne doivent plus prendre en otage les populations comme aujourd’hui »

« Quelques individus ne doivent plus prendre en otage les populations comme aujourd’hui »

(9 mai 2019) Sur quels axes prioritaires avez-vous mené votre campagne ?

Quelles sont les attentes des électeurs ?

La première attente est de retrouver une représentation politique nonindépendantiste aussi importante que possible à l’assemblée de la province Nord. 8 200 électeurs du Nord ont exprimé leur volonté de maintenir nos liens avec la France le 4 novembre dernier. Il faut porter leur voix dans les institutions. La deuxième attente, c’est de maintenir la paix, par le dialogue politique, avec les indépendantistes. La troisième attente, c’est que la politique de rééquilibrage puisse être poursuivie, même si Sonia Backès et ses représentants dans le Nord, Alcide Ponga et Wilfried Weiss, veulent la remettre en cause, la première en le disant clairement, les seconds en le cautionnant par leur silence.

Que proposez-vous pour continuer à répondre au développement de la zone VKP ?

Il y a aujourd’hui 45 milliards de francs d’investissements publics et privés prêts à être lancés.

Notre action prioritaire doit consister à les concrétiser rapidement parce que notre économie en a besoin : qu’il s’agisse d’habitat social, d’infrastructures routières avec la transversale Kaala-Gomen-Hienghène, la liaison Ouégoa-Arama ou le bouclage ThioCanala, de rénovations des collèges et des dispensaires, de développement rural avec le barrage de Pouembout, d’environnement avec l’installation de stockage des déchets de Koné, d’éducation avec l’antenne de l’Université ou la rénovation de la section agricole du lycée de Pouembout… On mouillera la chemise pour tous ces projets.

Les dispensaires de la côte Est ferment régulièrement après des cambriolages. Quelles solutions pensez-vous apporter à cette problématique qui pénalise fortement la population ?

Il faut arrêter les demi-mesures. La sécurisation des dispensaires et des établissements scolaires doit être absolue. Quelques individus ne doivent plus pouvoir prendre en otage les populations, comme c’est le cas aujourd’hui. Nous proposons donc d’investir massivement d’une part, pour sécuriser totalement les locaux (grilles, caméras, alarmes, etc…), d’autre part, pour recruter les agents de sécurité nécessaires à la protection des personnels et des usagers du service public.

Il y a peu de chances que la liste Calédonie ensemble arrive en tête dans le Nord le 12 mai. Allez-vous, comme en 2009 et 2014, voter pour reconduire à la présidence de l’institution Paul Néaoutyine ?

C’est faux. En 2014, j’ai indiqué « nous avons voté l’abstention jusqu’au bout parce qu’on considère qu’il appartient aux indépendantistes de gérer cette province » . Quant à 2009, je rappelle que le Parti travailliste devait soutenir le candidat de l’UC. C’est dans ce contexte que j’ai considéré que cette coalition n’était pas bonne pour la province et que Paul Néaoutyine était mieux à même, à ce moment-là, de continuer à la diriger.

Dans une interview, Paul Néaoutyine indiquait que « la seule solution qui permette la paix et la stabilité politique, l’indépendance ». Que lui répondez-vous ?

Paul Néaoutyine défend son projet et nous, le nôtre. Nous venons de vivre trente ans de paix grâce à notre statut de très large émancipation au sein de la République et le 4 novembre dernier, 57 % des Calédoniens ont choisi de maintenir nos liens avec la France. Il nous appartient maintenant de construire, par le dialogue, un nouveau consensus politique dans la

France et dans la paix, au lieu de répéter des référendums d’opposition inutiles et dangereux qui aboutiront au même résultat, qui dresseront à nouveau les Calédoniens les uns contre les autres et provoqueront une grave crise économique. C’est ce que Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou ont réussi à faire, il y a trente ans. Il n’y a pas de raison qu’on soit plus bête que nos anciens.

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