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Election du président du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

Dans la perspective de l’élection du Président du gouvernement, Calédonie Ensemble souhaite préciser qu’il n’apportera sa voix à aucun des candidats.

  1. Calédonie Ensemble ne soutiendra pas l’élection d’un président indépendantiste. Nous avons toujours été favorables au dialogue politique avec les indépendantistes. Nous en avons fait la démonstration dans les discussions du G10 qui ont permis d’aboutir à la signature de la Charte des valeurs Calédoniennes et du Bilan partagé des Accords. Nous en avons d’ailleurs fait un élément central de notre campagne électorale pour le Référendum du 4 novembre dernier et celle des dernières provinciales.

Nous avons également obtenu le soutien des indépendantistes sur un certain nombre de réformes majeures ces dernières années : la création des allocations familiales de solidarité, le projet éducatif calédonien, la loi anti-trust, la réforme de l’impôt sur le revenu, la création de l’autorité de la concurrence etc…

Mais, nous n’avons jamais voté pour un indépendantiste à la tête d’une de nos institutions, contrairement à d’autres qui se drapent aujourd’hui dans le Bleu Blanc Rouge pour faire oublier leurs turpitudes.

Nous resterons donc fidèles à cette ligne de conduite et nous n’apporterons pas notre voix en faveur du candidat indépendantiste à la présidence du gouvernement.

  1. Calédonie Ensemble ne soutiendra pas l’élection de Thierry Santa à la présidence du gouvernement.

En 2009, alors que les indépendantistes disposaient de 23 sièges sur 54 au Congrès, nous avions garanti la stabilité des institutions du pays par un partage de responsabilités institutionnelles entre non indépendantistes. Le Rassemblement présidait l’assemblée de la Province Sud en y associant Calédonie Ensemble (Sonia Lagarde et Philippe Michel, Vices-présidents), Calédonie Ensemble présidait le Gouvernement et l’Avenir Ensemble, le Congrès. En 2014, alors que les indépendantistes disposaient de 25 sièges sur 54 au Congrès, nous avons réitéré ce partage de responsabilités institutionnelles entre non indépendantistes à la province (Philippe Michel à la présidence et Gil Brial à la vice-présidence), au Gouvernement (Cynthia Ligeard) et au Congrès (Gaël Yanno).

Cette année, alors que les indépendantistes disposent de 26 sièges sur 54 au congrès, Calédonie Ensemble a été exclu de toutes les responsabilités institutionnelles : L’Avenir en Confiance a décidé de s’accaparer tous les postes de l’Exécutif provincial et, en réaction, l’Eveil Océanien a choisi de faire élire Roch Wamytan et Caroline Machoro à la présidence du congrès et de la commission permanente, en donnant une majorité aux indépendantistes dans toutes les commissions du congrès.

Calédonie Ensemble a également été exclu des discussions initiées par l’Avenir en Confiance avec l’Union Calédonienne et l’Eveil Océanien pour former un gouvernement “​de consensus”, discussions qui ont d’ailleurs abouti à proposer à l’Eveil Océanien un poste de vice-président à la province sud, en remerciement de l’élection de Roch Wamytan à la présidence du congrès !

Dès lors, sauf à remettre totalement à plat ce partage de responsabilités qui ignore la 2ème formation politique non indépendantiste du pays et ses 16 000 électeurs, il est exclu que nous apportions notre soutien aux formations politiques qui nous ont écarté de toutes discussions et de toutes responsabilités dans la gestion des institutions.

  1. Calédonie Ensemble ne soutient pas le programme de gouvernement de l’Avenir en Confiance et de l’Eveil Océanien.

L’Eveil Océanien a proposé à ses “​partenaires” un “​socle commun non négociable de politique économique et sociale à mettre en oeuvre très rapidement”, en précisant que “​les coûts de ces mesures seront assurés par la fiscalité en réajustant si besoin le taux supérieur de la TGC”, ce qui signifie que tout ce qui ne pourra être financé par les budgets publics sera supporté par le consommateur et/ou le contribuable.

Cette plateforme prévoit notamment de :

  • supprimer 20 milliards CFP de cotisations sociales à la CAFAT, dont le RUAMM est annoncé en cessation de paiement imminente !
  • supprimer tous les monopoles : l’OPT, Aircalin, l’OCEF, Enercal… c’est à dire 4000 emplois,
  • supprimer toutes les mesures de soutien à l’industrie de transformation locale qui emploie 6000 personnes,
  • modifier les taux de TGC en augmentant le taux des produits de première nécessité et en abaissant celui des produits de luxe, tout en supprimant le contrôle des prix et des marges pour les entreprises réalisant moins d’1 milliard de chiffres d’affaires,
  • Et enfin, appliquer la TGC à l’industrie du nickel, au risque de dégrader davantage sa compétitivité, alors que nous éprouvons toutes les peines du monde à rester viable à l’échelle mondiale eu égard à nos coûts de production.

Ces mesures, d’inspiration ultra libérale, sont totalement irréalistes et dangereuses. Elles rejoignent de nombreuses propositions de l’Avenir en Confiance qui s’est engagé dans son programme de campagne à baisser les charges sociales des entreprises, à supprimer totalement le contrôle des prix et des marges, à réformer le dispositif de protection de marché de l’industrie locale ou encore à revoir la TGC.

Calédonie Ensemble n’approuve pas ce programme de gouvernement qui dégradera inévitablement le pouvoir d’achat des Calédoniens et impactera lourdement les finances publiques, en mettant en péril 30 000 emplois dans nos usines métallurgiques, nos sociétés et établissements publics et notre industrie de transformation.

D’autant que l’Avenir en Confiance a annoncé hier, à grand renfort médiatique, avoir saisi directement l’Etat pour que soit organisée “​dans les plus brefs délais la seconde consultation sur l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie”.

Tout au long de notre campagne des provinciales, nous avons affirmé que les 2 référendums étaient sources de tensions sociales et ethniques et d’attentisme économique, inutiles et dangereux. Cette annonce, qui fait déjà polémique avec les indépendantistes attachés au strict respect du calendrier institutionnel prévu par l’accord de Nouméa, est un facteur supplémentaire de tensions alors que les institutions ne sont pas encore en place.

Pour toutes ces raisons, Calédonie Ensemble s’abstiendra lors de l’élection à la présidence du gouvernement.

L’Avenir en Confiance a souhaité mettre en place un “​gouvernement de consensus” avec l’UC-FLNKS. Il lui appartient donc de rechercher, dans ce cadre, la solution pour mettre en place un nouvel exécutif, puisqu’ils ont délibérément exclu Calédonie Ensemble de ce dialogue.

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