Accueil ACTUALITÉS Haine et violence sur internet : En finir avec la tolérance à l’égard des opérateurs (gafa)

Haine et violence sur internet : En finir avec la tolérance à l’égard des opérateurs (gafa)

(21 juin 2019) Philippe DUNOYER :86 % des jeunes (15-29 ans) ont un smartphone en NC (chiffres 2014). 93% sont des internautes, et 90% ont un compte Facebook. Ils sont connectés en moyenne 4h/jour à Internet (smartphone).
• 70 % disent avoir déjà été confrontés à des propos haineux sur les réseaux sociaux.
• 40 % des élèves de collèges et lycées disent avoir déjà subi une agression en ligne.
• 58 % des Français pensent qu’Internet est le principal foyer des discours de haine.

A partir de ces constats indiscutables, et suite à la pétition lancée il y a quelques semaines en NC sur le sujet, j’ai tenu à m’investir sur le sujet en déposant plusieurs amendements à la proposition de loi de lutte contre la haine sur internet afin d’élargir le champ de la loi aux contenus violents particulièrement présents sur le territoire (je pense aux bagarres organisées et filmées, notamment devant nos lycées, sur fond de haine entre communautés, et diffusées sur un site officiellement dédié à leur propagation).

Vous pourrez lire ci-dessous le contenu du communiqué de presse que j’ai adressé à l’occasion du début des travaux parlementaires.

« LUTTE CONTRE LA HAINE SUR INTERNET : L’URGENCE D’UNE LOI

Elle a bon dos, la liberté d’expression, quand il s’agit de propager des discours haineux ou des incitations à la violence, accessibles à tous les publics, sur Internet.
Pourtant, c’est bien cette « liberté » que brandissent les GAFA, pour justifier le maintien de contenus haineux, à la vue de millions d’internautes.

Si le sensationnalisme comme l’abjection de ces contenus constituent les ingrédients de leur viralité, et donc du succès de ces plateforme d’échanges de contenus, ils sont surtout des ingrédients mortels pour les victimes de la haine sur Internet, atteints au plus profond de leur dignité.

En nouvelle Calédonie, particulièrement, des chaines Youtube et comptes Facebook constituent des déversoirs de haine et de violence, largement accessibles à un public captif : les jeunes Calédoniens, qui ont, pour 90% d’entre-eux un compte Facebook, et sont connectés en moyenne 4h/jour à Internet.

Tandis que les contenus haineux prospèrent, les associations désespèrent, tant ces vidéos ont un impact sur la violence réelle sur le terrain, et détruisent de nombreux jeunes.

A défaut de pouvoir faire des GAFA des éditeurs de contenus, et les rendre ainsi responsable des propos qu’ils participent à diffuser, il est indispensable de profiter de la proposition de loi relative à la lutte contre la Haine sur Internet, examinée en commission des lois de l’Assemblée nationale, pour envoyer un signal fort, et contraindre les opérateurs à retirer les contenus haineux ainsi que les incitations à la violence, qui leur sont signalés.

C’est dans cet esprit que j’ai déposé, avec Philippe Gomès et d’autres collègues députés, une dizaine d’amendements à cette proposition de loi examinée ce jour en commission des lois. L’objectif est de soumettre tous les opérateurs, quelle que soit leur taille, moteurs de recherche compris, à des mesures visant à lutter contre les contenus haineux sur Internet mais aussi aux incitations à la violence, qui font malheureusement flores, notamment en Nouvelle Calédonie.

Je souhaite également, par ces amendements, renforcer les contraintes envers les opérateurs, pour qu’ils déploient des mesures appropriées visant à prévenir la diffusion des contenus haineux.

Enfin, un volet « éducation », absent de la proposition initiale, est nécessaire. Je propose d’ailleurs que, comme en Nouvelle-Calédonie, les établissements du second degré en métropole puissent désigner un référent en matière de cyber-harcèlement.

Cette proposition de loi, que je souhaite ainsi améliorer, doit constituer un outil opérationnel et intransigeant, pour faire respecter la dignité humaine, comme limite nécessaire à la liberté d’expression. “

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