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Inscription du dossier SLN au prochain comité des signataires

(26 juillet 2019) Courrier des parlementaires Calédonie Ensemble au Premier Ministre :

Monsieur le Premier Ministre,

Lors de l’entretien que vous avez bien voulu nous accorder le 22 juillet dernier, dont nous vous remercions, nous avons souhaité mettre à l’ordre du jour de cette rencontre la situation de la Société Le Nickel.

En effet, les difficultés rencontrées par l’entreprise ont conduit le groupe ERAMET à envisager récemment l’engagement d’une procédure de sauvegarde.

Le conseil d’administration du groupe, réuni le 24 juillet, a décidé de ne pas mettre en œuvre de procédure contraignante pour l’instant et de refaire un point de situation lors du séminaire stratégique d’ERAMET qui se tiendra au mois d’octobre prochain.

Nous avons tenu à appeler votre attention sur ce dossier car les conséquences d’une procédure judiciaire seraient catastrophiques pour le pays, la SLN représentant 8000 emplois directs et indirects, a fortiori dans le contexte politique et économique actuel.

Nous sommes d’autant plus inquiets de l’alarmisme du groupe ERAMET que des réformes structurelles ont été menées ces deux dernières années.

D’une part, dans le cadre d’une réorganisation en profondeur du travail dans l’entreprise sur les mines comme dans l’usine.

D’autre part, au travers de l’évolution du modèle économique de la SLN désormais orienté à la fois sur la mine et sur la métallurgie.

C’est dans ce cadre que le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a autorisé, au mois d’avril dernier, un quadruplement des autorisations d’exportation (4 millions de tonnes au lieu d’une tonne).

Ces deux mesures permettront – à elles seules – de baisser le prix de revient de production nickel de 20% à l’échéance d’une année et, par là même, de permettre à la SLN de devenir une entreprise compétitive dans le domaine de la métallurgie du nickel à l’échelle mondiale.

Ces efforts majeurs engagés par les salariés, les sous-traitants et les institutions calédoniennes doivent être accompagnés par les actionnaires de référence du groupe, parmi lesquels l’Etat, qui doivent être prêts, le cas échéant, à apporter les financements permettant de passer les prochains douze à vingt-quatre mois, le temps que les réformes produisent leurs fruits, les prêts accordés à l’entreprise lors de la précédente crise en 2016 étant en voie d’épuisement.

Quant au concours demandé par ERAMET à ENERCAL afin de réduire la facture d’électricité de l’entreprise, il nous semble pour le moins curieux…

Si effectivement la SLN paie cher son énergie par rapport aux standards internationaux c’est de la responsabilité pleine et entière du groupe ERAMET dont l’incurie dans la gestion de ce dossier est patente.

En effet, deux projets de centrales électriques destinées à se substituer à celle de Doniambo (45 ans d’âge…) ont été initiés cette dernière décennie et abandonnés en cours de route par ERAMET alors qu’ils avaient été autorisés par les autorités locales, le premier en 2009 et le second en 2015…

Quant au prix auquel ENERCAL vend l’électricité du barrage de Yaté, il résulte là aussi du refus du groupe ERAMET de négocier la révision du barème en 2011 alors que les termes du contrat le permettaient.

C’est pour cette raison que l’entreprise et ENERCAL ont saisi un tribunal arbitral qui a donné raison à la Nouvelle-Calédonie et permis la revalorisation du prix de cession de l’énergie à la SLN.

Pour toutes ces raisons, il ne nous semble pas approprié que les calédoniens payent les graves erreurs stratégiques du groupe ERAMET en acceptant une renégociation du prix de vente de l’électricité du barrage de Yaté au détriment de la société ENERCAL.

Telles sont les raisons qui nous conduisent à solliciter l’inscription de cet important sujet à l’ordre du jour du comité des signataires de l’accord de Nouméa de septembre prochain.

Vous remerciant par avance de votre bienveillante attention, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’assurance de notre très haute considération.

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