Accueil ACTUALITÉS Vie chère : Chronique d’une catastrophe annoncée…

Vie chère : Chronique d’une catastrophe annoncée…

(19 septembre 2019) Le 1er octobre prochain, l’arrêté du gouvernement portant réglementation des prix et des marges sur les produits alimentaires, les produits d’hygiène et d’entretien et les pièces détachées automobiles tombera.

Cette échéance hypothèque lourdement la cherté de vie en Nouvelle-Calédonie, puisque ce dispositif a permis d’enregistrer, pour la première fois, une légère déflation des prix sur les douze derniers mois (-0,3%), contre une augmentation moyenne des prix de 1,6%/an (hors tabac) sur la période 2000 à 2018 soit une augmentation globale de 30%…

Cette performance a pu être atteinte grâce à deux éléments clés (source ISEE) :

  1. L’encadrement des prix et des marges sur les produits de grande

consommation dont les prix ont baissé significativement sur les 17 derniers mois (depuis avril 2018) avec respectivement :

  • -5% sur les produits alimentaires et les produits d’entretien,
  • -6% sur les produits d’hygiène,
  • -15 % sur les pièces détachées automobiles,
  • -5% sur les pneumatiques.
  1. Le plafonnement des marges en valeur aux montants déclarés en avril 2018, pour tous les autres produits.

A la suite de cette réforme majeure qui a impacté 1/3 des recettes fiscales de la Nouvelle-Calédonie, l’inflation tant redoutée n’a pas été au rendez-vous et les produits de grande consommation ont connu une baisse entre 5 et 15% pour la première fois dans l’histoire du pays.

Or, ces deux garde-fous vont disparaitre au 1er octobre prochain, conformément aux engagements de l’avenir en confiance à l’égard du MEDEF : « Ce qui pose problème ce sont les textes qui ont accompagné la TGC et je parle bien sur des textes de contrôle des prix et des marges des entreprises (…) et qui obligent finalement les entreprises à réduire leurs marges (…) Si on passe au congrès, on supprimera surtout tous ces textes d’encadrement des marges tels qu’ils existent aujourd’hui » (Thierry Santa – Invité de la Matinale, NC1ère – 21 février 2019).

C’est ce qui explique que l’avenir en confiance et Thierry Santa n’ont, à ce jour, proposé aucun dispositif de substitution au contrôle des prix et des marges qui arrivera à expiration dans quelques jours.

On a vaguement entendu parler d’un concept de « bouclier prix » ou encore du retour éventuel des « écoproduits » chers à Harold Martin et Sonia Backès…

Mais aucun de ces dispositifs n’a jamais empêché un dérapage des prix parce qu’il concerne toujours un nombre limité de produits ce qui permet aux acteurs économiques de se rattraper largement sur les autres produits de grande consommation. C’est pourquoi, nous avions proposé pendant la campagne électorale que le dispositif de contrôle des prix et des marges soit prorogé le temps que de véritables accords de compétitivité aient été négociés dans chacune des filières.

Calédonie Ensemble demande donc solennellement au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie de se saisir de toute urgence de cette question pour éviter une aggravation de la cherté de vie en Nouvelle-Calédonie et les désordres sociaux qui en résulteraient.

Chacun a encore en mémoire les mouvements sociaux de 2006 et 2012 qui avaient conduit à la mobilisation massive des Calédoniens.

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