Accueil ACTUALITÉS Tarifs de l’électricité : l’Avenir en confiance joue à la roulette russe avec la facture des Calédoniens

Tarifs de l’électricité : l’Avenir en confiance joue à la roulette russe avec la facture des Calédoniens

(25 octobre 2019) Lors de sa séance du 30 septembre, le conseil d’administration d’Enercal a donné son accord de principe à la conclusion d’un accord avec la SLN concernant le tarif de vente de l’électricité produite par le barrage de Yaté. Cet accord repose sur trois principes :

  • Ce dispositif serait mis en place pour 4 ans et prendrait fin avec l’entrée en production de la centrale pays ;
  • Le prix de vente à la SLN serait réduit dès lors que le cours du LME serait inférieur ou égal à 7$/livre, il resterait identique au tarif actuel en cas de cours du LME compris entre 8 et 10$/livre et il serait majoré à partir d’un cours du LME de 11$/livre
  • Ce dispositif de variation du tarif de vente de l’électricité à la SLN serait plafonné à 1 milliard par an et n’impacterait pas directement les recettes d’Enercal puisqu’il serait répercuté dans le système de tarification publique de l’électricité.

Le conseil d’administration d’Enercal doit statuer sur le sujet, lors de sa prochaine séance du lundi 28 octobre.

Or, nous estimons que ce dispositif est extrêmement risqué pour la facture d’électricité des Calédoniens, qu’il ne tient aucun compte des efforts considérables que nous avons déjà fait en faveur de la SLN dont la situation s’est nettement améliorée et enfin que cette question doit être portée devant le congrès de la Nouvelle-Calédonie au lieu d’être discutée en catimini au sein du conseil d’administration d’ENERCAL.

1 – Une solution extrêmement risquée pour les Calédoniens :

La probabilité que ce dispositif coûte 1 milliard par an est forte. La probabilité qu’il soit neutre est faible. La probabilité qu’il rapporte 1 milliard par an est inexistante…

A titre d’illustration, si ce dispositif avait été en vigueur depuis janvier 2015, il aurait coûté aux Calédoniens 5 milliards (soit 1 milliard par an), puisque le cours du LME est resté de façon continue en dessous de 7 dollars la livre.

L’hypothèse que le cours du LME repasse sous la barre des 7$/livre doit donc être prise en compte et dans ce cas, Enercal n’aura pas d’autre choix que d’augmenter le tarif public de l’électricité ou de demander une subvention d’un milliard par an à la Nouvelle-Calédonie.

Dans les deux cas, ce sont les Calédoniens qui paieront l’addition, soit sur leur facture d’électricité, soit sur leurs impôts.

2 – Une solution totalement injustifiée :

Ce dispositif de variation du prix de l’électricité vendu à la SLN ne tient aucun compte des gains d’ores et déjà apportés par le plan de sauvetage du métallurgiste, notamment grâce à l’aménagement du temps de travail sur mine et à l’usine et à l’autorisation d’exportation de 4 millions de tonnes de minerai brut qui lui a été accordée par le précédent gouvernement.

Ces mesures doivent permettre à la SLN d’améliorer son coût de production de 1,05 $/livre, soit 16 milliards par an de résultats supplémentaires.

En comparaison, la baisse du prix de l’électricité proposée ne représente qu’un milliard par an d’économie pour la SLN, mais induit un risque d’augmentation de 3% de la facture d’électricité des Calédoniens.

3 – La nécessité d’un débat public devant les Calédoniens :

Les Calédoniens ont consenti des efforts considérables au soutien de la SLN, puisqu’ils paient déjà une taxe sur leur carburant pour le financement de la centrale Pays qui aurait dû être réalisée par Eramet/SLN.

Les syndicats, les salariés et les sous-traitants de la SLN ont également largement contribué à l’amélioration de la compétitivité de l’entreprise, puisqu’ils ont accepté des suppressions de postes, une augmentation du temps de travail et une réduction de leurs contrats.

La décision soumise au conseil d’administration d’Enercal lundi, est susceptible d’impacter négativement sa trésorerie, d’affecter ses investissements en faveur de la transition écologique, et de déséquilibrer la structure du système de tarification publique de l’électricité.

Nous réclamons que ce débat ait lieu publiquement au congrès et non en catimini au sein du conseil d’administration. Nous avons le temps d’organiser ce débat puisque la situation de la SLN s’est considérablement améliorée ces derniers mois, comme le soulignait hier la Présidente d’Eramet.

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